Terry parle de Going Postal

J'ai toujours eu un faible pour le vieux système postal de l'ère victorienne, qui était d'une telle qualité que, dans le centre de Londres, le courrier était livré huit fois par jour. On pouvait avoir toute une conversation par lettres ! Et les gens de l'époque adoraient la poste ; elle a complètement changé le monde pour eux. Je voulais retranscrire ce sentiment d'autrefois, quand la technologie était tellement nouvelle, radieuse, merveilleuse. Les gens y étaient vraiment très attachés.
Il fut un temps où l'on écrivait des poèmes sur la technologie, les communications... d'une certaine façon, Timbré constitue mon travail sur ce thème.
Je dois avouer que je ne m'assieds jamais à mon bureau pour faire le plan d'un roman. Je savais ce que je voulais faire, à savoir : écrire sur la Poste et éventuellement sur une sorte de version très, très primitive, mécanique, d'internet. J'adore les tours clic-clac qui ont été faites pour le film : elles ont l'air de pouvoir fonctionner.
J'aimais bien l'idée de l'escroc qui est, au fond, un brave type ; je l'ai créé et j'ai plus ou moins suivi ses pensées. J'ai simplement commencé par la scène de la pendaison ; pour le reste, je ne savais pas encore grand-chose à son sujet, mais je savais que le seigneur Vétérini allait pour ainsi dire, en guise de liberté conditionnelle, lui donner la mission peu enviable de s'occuper du service postal.
Les talents d'escroc de Moite von Lipwig pourraient vraiment être utilisés pour le bien de la communauté, s'il devenait homme d'affaires ! (rires)
Ensuite, quand j'ai eu besoin d'elle, Adora Belle Chercoeur est apparue. Et je dois dire que j'adore Claire Foy dans le rôle : c'est une pure héroïne de film noir. Les golems, je les ai ajoutés parce que cela faisait un moment que je les faisais apparaître dans mes livres ; et c'est un élément authentique du folklore juif ancien – une sorte de monstre, enfin, pas vraiment, mais je les ai un peu domestiqués.
Il y avait plein de trucs marrants, des idées que j'avais eues, et que je voulais mettre dans le livre. D'ailleurs, dans les faits, c'est comme ça que le Disque-Monde a tendance a fonctionner.
Une bonne idée qu'ils ont eue, sur le tournage, en Hongrie : ils ont recouvert les arrière-plans de publicités, de slogans, des choses comme ça, des graffitis et tout, que vous ne verrez quasiment pas dans le film, sauf si vous avez vraiment le regard affûté. Il y avait une affiche en particulier, pour de la crème dépilatoire pour femmes trolls ; les trolls sont des créatures de pierre, et trop de lichen sous les bras... (rires) C'était vraiment du pur Disque-Monde !
Timbré est peut-être mon livre le plus prophétique, il parle d'entreprises achetées, démantelées... ce qu'il y a, c'est que nous devons nous rappeler où nous avons été, et comment nous sommes arrivés là où nous sommes ; parce que si on ne sait pas d'où on vient et comment on en est arrivé là, on ne sait pas où l'on va...