La garde-robe de Going Postal

Cette intéressante petite interview de Charlotte Holdich, la costume designer du téléfilm Going Postal, avait été diffusée par la chaîne de tv britannique SkyOne sur son mini-site dédié à ce téléfilm, et se retrouve dans une version très légèrement différente dans les bonus du DVD, mais aussi sur Youtube:

 

(Lien direct)

 

Voici une traduction des propos de la costumière:


Terry voulait une base victorienne ; on est partis de là et on l'a, en quelque sorte, amenée sur le Disque-Monde, mais en gardant cette thématique victorienne. C'est de là que je suis partie. On a donc ces coupes victoriennes, mais que l'on a ensuite exagérées.
Adora Belle
Nous avons donc Adora, l'héroïne ; pour la plus grande partie de l'histoire, elle est en noir. Sa robe a un col haut – elle est censée avoir l'air très austère – et avec ça, j'ai une jupe à très longue traîne et un grand panier à l'arrière, pour qu'elle soit très élégante. Elle joue un personnage légèrement agressif, sarcastique et tranchant, et c'est comme ça que nous l'avons habillée pour la plus grande partie du film.

Moite
Ensuite, Moite lui-même – au début, il porte tout un tas de déguisements différents pendant son ascension dans l'escroquerie ; et ensuite on lui donne ce costume de base, ce que nous appelons sa « tenue de héros ». [Elle montre la veste] On y a ajouté une espèce de col en beau velours violet, pour la rajeunir un peu ; et il la porte avec le col relevé, histoire que ce soit un peu plus moderne, vous savez. Ensuite il y a ça [elle montre la chemise], une jolie teinte de jaune, chartreuse, je crois que ça s'appelle – avec un gilet rouge et ce nœud papillon, à nouveau, très classe, espiègle. Richard a de très beaux yeux, un peu en amande, très malicieux, et le nœud papillon, vous voyez, a la même forme. Il en jette, assurément. Et ensuite, à la fin, également, le costume doré. On s'est finalement décidé pour du cuir doré, parce qu'il doit faire énormément de choses dans ce costume, monter à cheval, des cascades et tout le reste ; et la plupart des tissus dorés qu'on trouve sont des étoffes pour robes de dames, et je me suis dit : houlà, ça ne va jamais marcher. En gros, ça se désintégrerait, sur un cheval.
Son chapeau de ministre des postes est basé sur les képis des officiers de la Première Guerre Mondiale, pour le style ; ensuite, pour les ailes et le reste, il fallait trouver les bonnes proportions. Il devait être drôle à voir, faire rire, mais d'une certaine manière, aussi, il le porte avec désinvolture, un peu comme un héros de la Seconde Guerre Mondiale, vous voyez.

Jeanlon Sylvère
Ensuite il y a Sylvère, avec son bandeau sur l'œil, tel qu'il est décrit... je me suis simplement dit : c'est le méchant. Il faut qu'on le regarde et qu'on se dise, voilà ce qu'il est. Donc il a ça... [le manteau de Sylvère], une coupe plus ancienne, Régence, en fait. Ce n'est pas un problème, on a beaucoup de liberté avec les périodes dans cet univers. Et il a ce genre de col en peau de serpent, et un immense haut de forme ; et puis la perruque, le bandeau et un gigantesque nœud papillon. L'idée d'ensemble, c'est vraiment : « eh, regardez-moi, c'est moi qui commande ici ! »

Hippobisque
Quant à Hippobisque, c'est un parfait désastre vestimentaire, avec ce pantalon vert vif hideux et tout ça – il fait vraiment tout de travers, vous savez, il n'a absolument aucun goût.

Sacharissa Cripsloquet
Les journalistes ont tendance à porter des imperméables, non ? Imperméable et petit chapeau. Je suis partie de ça, mais en prenant un tissu complètement différent, et pour la couleur, le violet avait l'air pas mal ; et à nouveau le grand panier à l'arrière et tout ça. Une belle silhouette, bien exagérée. Des manches larges, un grand col... et avec ça, un élégant petit nœud papillon et un chapeau rigolo. Elle est très classe.

Vétérini
Charles est grand, mince, tout en noir... C'est un manteau sur le devant et une soutane, une soutane de prêtre, à l'arrière. C'est une sorte de combinaison entre une soutane et un frac. Elle tombe jusqu'à terre, puis elle remonte à l'avant, ce qui lui donne cette allure élancée, élégante. Cet homme n'a pas à faire grand-chose. Il est. Tout le monde lui obéit. C'est lui qui commande.