David Cameron face à de nouvelles pressions pour mettre fin à l’interdiction du suicide assisté

Aider les malades en phase terminale à mettre fin à leurs jours pourrait devenir légal ; un rapport le recommandant est attendu cette semaine.
La Commission Indépendante pour le Mort Assistée s’apprête à réclamer sa légalisation, pour une catégorie limitée de personnes atteintes de maladies incurables, sous stricte surveillance.
La Commission, présidée par l’ancien Chancelier Lord Falconer, va vraisemblablement critiquer le cadre juridique actuel : il prévoit des poursuites, voire un emprisonnement des gens qui aideraient un membre de leur famille à mourir.
Elle proposera que ceux qui faciliteront ou aideront au suicide, dans certains cas, ne soient plus menacés de poursuites.
Il doit aussi y avoir des procédures strictes pour s’assurer que les personnes en phase terminale ont pleine connaissance des soins palliatifs et sociaux à leur disposition.
Les conclusions, qui seront publiées cette semaine, vont relancer un débat houleux entre partisans et opposants de la mort assistée.

Des critiques se sont élevées sur l’impartialité de la commission, fondée et financée par l’écrivain sir Terry Pratchett, atteint de la maladie d’Alzheimer, et Bernard Lewis, homme d’affaires. Tous les deux sont favorables à la légalisation de la mort assistée.

Lord Falconer lui-même a déjà averti que la loi sur la mort assistée ne « convenait plus », tandis que la plupart des douze membres de la commission ont, dans le passé, exprimé un avis favorable au changement de la loi.

Le Premier Ministre David Cameron s’est montré clair: il est oppose à toute tentative de légaliser la mort assistée et il est peu probable que le gouvernement accepte les recommandations de la Commission.
A l’heure actuelle, aider quelqu’un à mourir peut valoir jusqu’à 14 ans de prison.
Toutefois, plus de 150 Britanniques ont fait le voyage jusqu’à Zurich pour mourir à Dignitas, la clinique de mort assistée, protégés par les lois suisses sur l’euthanasie, sans que les parents et amis les ayant aidés soient mis en cause.
Les directives du Directeur des poursuites publiques [chapeauté par le procureur général] l’affirment clairement : les parents ou amis ne sont pas susceptibles d’être jugés pour aide au suicide, à moins d’avoir agi par appât du gain ou malveillance.
Hier Lord Blair, ancien directeur de la Police métropolitaine de Londres et membre de la Commission, a annoncé que l’actuelle législation sur la mort assistée était « incohérente et malsaine. »
« Au moment où ils devraient être en deuil, dans le système actuel les proches du défunt sont plongés dans une incertitude qui laisse la police et les procureurs partagés entre le respect de la loi et une sympathie humaine bien naturelle.
Mais le député conservateur Nadine Dorries affirme : « Cette Commission, financée par un partisan reconnu du suicide assisté, et emballée de voix stridentes réclamant le changement de la loi, est malheureusement discrédité par avance quant à son impartialité.
Un porte-parole de Soigner et pas Tuer dit : « C’est un rapport inquiétant et défectueux sur ce sujet délicat et polémique, qui a été présenté comme une enquête sérieuse. Ce n’en est pas une. La loi existe pour protéger les gens vulnérables, âgés et affaiblis, qui pourraient céder aux pressions les incitant à mettre fin à leurs jours parce qu’ils sont un fardeau. »