A la rencontre du Superfan le Dr Pat Harkin

Le journal The Guardian a publié un article sur des exemples de fans "extrêmes", qui vivent leur passion à des degrés proprement inouïs.

On y trouve notamment un fan de Sir Terry Pratchett, qui n'est autre que le Dr Pat Harkin, qu'on avait déjà remarqué pour sa prouesse lors de la tournée de dédicaces de Nation et retrouvé parmi les figurants de Going Postal.

Voici la traduction de l'interview qui le concerne dans l'article:

 

A la rencontre des Superfans
L'un a un oignon mariné de Terry Pratchett. Un autre a une paire de caleçons de Neil Diamond. Quant à la voiture de Shane Richie... il faut la voir pour le croire.
Interviews de Leo Benedictus.

Le fan de Terry Pratchett
« J'hésite à dire que nous sommes devenus amis. »
2011-06-28-Superfans-Terry-Pratchett-001« Mon fils a dit que lorsque je mourrai, il se débarrasserait de tout ça sur eBay. »

« Je suis un empileur, pas un collectionneur », explique sans aucune honte le Dr. Patrick Harkin, tuteur d'étudiants en médecine à l'université de Leeds. Ce qui est, à vrai dire, exact : quiconque se lancerait dans l'inventaire des étagères, armoires et autres vitrines qui remplissent sa maison à Leeds aboutirait sans doute à la conclusion qu'il y a une certaine méthode dans leur organisation.

Par exemple : une pomme de terre-souvenir desséchée avec un gel de dessiccation, le facsimilé en fibre de verre d'un coffre médiéval, une boite pleine de fausses dents, une faux bien réelle et assez lourde (avec, remplaçant la lame originale, une lame émoussée provenant d'un costume de la Mort importé des Etats-Unis), un bocal sombre sensé contenir des oignons cultivés et mis à macérer par sir Terry Pratchett, une photographie de sir Terry torse nu dédicaçant des livres, une douille de balle tirée par sir Terry, un certificat de chevalerie délivré par sir Terry, le cordon d'une convention porté par sir Terry... Oui, effectivement, il y a comme qui dirait un thème commun...

« Il a dit que lorsque je mourrai, il se débarrasserait de tout ça sur eBay », dit Harkin, en montrant son fils Patrick Jr, âgé de 22 ans, notre lugubre compagnon dans cette visite. « Je n'avais pourtant aucune chance de devenir normal en grandissant là-dedans, réplique Junior. J'ai sans doute été immunisé, ce qui explique que je ne sois pas aussi fou que toi, papa, désolé. »

Son père avait trouvé le premier livre du Disque-Monde "hilarant", quand il l'avait emprunté à un ami 25 ans auparavant. Il en a rapidement acheté davantage. Ensuite, il a voulu les avoir dédicacés par l'auteur. Deux ans plus tard, il a passé le week-end de son anniversaire à la seconde Convention britannique du Disque-Monde, n'ayant pas été au courant pour la première. « Ainsi, dit-il, c'est une évolution. »
Ce qui a évolué, c'est surtout une vie dans une des communautés de fans les plus actives au monde. Maintenant, Harkin se rend à de nombreuses conventions, dans différents pays, plusieurs fois par an, à la fois en tant qu'animateur et que commissaire-priseur.

Comme pour bien d'autres fans, c'est une aubaine pour lui d'apprendre que des livres de Pratchett sont portés à l'écran. Entre ces événements, il reste en contact avec les autres fans qu'il retrouve sur Internet, dans des sites spécifiques. Pour un homme de son envergure, Partchett est difficilement abordable. Alors, pour mieux le connaître, Harkin s'est rendu à la maison de l'auteur. Et, maintenant encore, il reçoit de temps à autre un coup de fil lui demandant, par exemple, « Quelle force faut-il pour arracher la tête d'un homme ? »

« J'hésite à dire que nous sommes devenus amis au fil des ans », m'avertit Harkin. Mais ce sera un vrai coup dur lorsque le grand homme succombera à la maladie d'Alzheimer. Harkin pense qu'il fera face, dit-il avec lassitude, « par un processus de déni. »